Génétique des populations de poissons méditerranéens : le modèle Sparus aurata

La caractérisation des espèces ne prend pas seulement en compte le caractères de forme. La taxonomie dispose aujourd’hui des possibilités qu’offre la biologie moléculaire dont les techniques étudient les éléments de base de la matière vivante : les séquences de nucléotides qui codent le message génétique. Ces techniques permettent donc de comprendre les associations génotype-phénotype, de déceler et de quantifier des différences entre des lignées très semblables.

Les recherches que nous avons menées récemment montrent d’importantes différences morphologiques et biologiques au sein de l’espèce Sparus aurata en Méditerranée. En effet, les daurades du Sud de la Méditerranée auraient une forme différente et un rythme de croissance exceptionnel. L’analyse génétique d’échantillons de Méditerranée occidentale montre une structuration spatiale de cette espèce entre le Nord et le Sud, sur la base de différences entre les daurades du golfe du Lion (France) et celles du golfe d’Annaba (Algérie). La question posée est : ces différences phénotypiques et/ou génétiques, sont-elles le reflet d’une adaptation génétique par mortalité différentielle se produisant à chaque génération, ou bien existe-t-il deux compartiments bien différenciés isolés génétiquement l’un de l’autre ?
  crsict 2014: crsict.univ-annaba.dz